Blog – Dégâts des Eaux, Solutions Digitales

Infrastructures hospitalières vieillissantes au Québec : pourquoi la prévention mérite plus d’attention

Les dégâts d’eau deviennent un enjeu de plus en plus visible dans les hôpitaux vieillissants du Québec. En arrière-plan, les fuites récurrentes et les défaillances d’infrastructure n’affectent pas seulement les bâtiments, mais perturbent aussi les opérations et les soins aux patients. Alors que les investissements se concentrent sur la construction de nouveaux établissements, les risques au sein des infrastructures existantes continuent de croître.

La pression croissante sur les infrastructures de santé vieillissantes

Partout au Québec, les infrastructures de santé font l’objet d’une attention renouvelée. Des investissements majeurs sont annoncés et de nouveaux projets hospitaliers avancent dans le cadre de plans de modernisation à long terme. Ces initiatives sont nécessaires et répondent à une demande croissante pour des environnements de soins plus modernes et performants.

Parallèlement, une grande partie du parc hospitalier existant continue de vieillir. De nombreux établissements fonctionnent bien au-delà de leur durée de vie initiale, ce qui entraîne des défis d’un autre ordre, moins visibles, mais de plus en plus perturbateurs.

Les dégâts d’eau figurent parmi les problématiques les plus fréquentes dans ces environnements. En milieu hospitalier, ils sont rarement limités à une seule zone. Des systèmes de plomberie vieillissants, combinés à un manque de visibilité sur ce qui se passe derrière les murs ou au-dessus des plafonds, rendent la détection précoce difficile. Une fuite mineure, non détectée, peut évoluer avec le temps et entraîner une détérioration des matériaux, des dommages aux équipements et, dans certains cas, la fermeture temporaire de certaines zones.

Au Centre universitaire de santé McGill, l’Hôpital général de Montréal à lui seul a enregistré 265 fuites d’eau depuis décembre 2024, avec un déficit d’entretien estimé à plus de 250 M$. Cette fréquence illustre que les incidents liés à l’eau ne sont pas isolés, mais constituent un enjeu opérationnel récurrent qui a un impact direct sur la capacité, le flux des patients et la prestation des soins. Ces pressions ne sont pas propres au Québec et s’observent dans les infrastructures de santé à travers l’ensemble des provinces canadiennes.

Le climat québécois ajoute une pression supplémentaire sur ces bâtiments existants. Les conditions hivernales rigoureuses, incluant des périodes prolongées de gel et des cycles répétés de gel-dégel, exercent un stress important sur les systèmes de plomberie. Dans les établissements plus anciens, où les conduites sont déjà fragilisées par la corrosion ou l’usure, ces conditions augmentent les risques de fissures, de ruptures et de fuites invisibles. Les cycles de gel-dégel accélèrent également la corrosion des conduites en fonte et d’autres systèmes de plomberie plus anciens, souvent présents dans les hôpitaux construits avant les années 1980. À mesure que les matériaux se dilatent et se contractent, leur dégradation s’accélère, augmentant la probabilité de défaillance. Dans ce contexte, les incidents liés à l’eau ne sont pas seulement une conséquence du vieillissement des bâtiments, mais aussi de l’environnement dans lequel ils évoluent.

D’une approche réactive à une gestion en temps réel

C’est dans ce contexte que la réflexion sur les investissements en infrastructures devient plus complexe. Bien que la construction de nouveaux hôpitaux soit essentielle, elle ne réduit pas immédiatement les risques présents dans les établissements existants. La majorité des patients continuera de recevoir des soins dans des bâtiments construits il y a plusieurs décennies, où les systèmes sont soumis à une pression croissante. Sans mesures supplémentaires, ces environnements demeurent vulnérables à des pertes récurrentes.

Dans de nombreux établissements de santé, les problèmes liés à l’eau sont souvent détectés seulement lorsqu’ils deviennent visibles. À ce stade, la durée de la fuite a déjà déterminé l’ampleur des dommages. Dans les bâtiments plus anciens, où la détection repose principalement sur l’observation ou les signalements, ce délai peut être significatif.

Aujourd’hui, les technologies permettent d’aborder ce risque différemment. Plutôt que d’intervenir après coup, il est désormais possible de surveiller les systèmes d’eau en temps réel et d’identifier les anomalies dès leur apparition. La détection précoce des fuites joue un rôle central dans cette évolution. Des capteurs installés dans les zones à risque permettent de détecter la présence d’eau immédiatement et de déclencher des alertes avant que les dommages ne s’étendent.

Au-delà de la détection ponctuelle, la surveillance en ligne des réseaux d’eau offre une visibilité accrue. En analysant en continu les débits, il devient possible d’identifier des comportements anormaux pouvant indiquer une fuite. Les pertes faibles mais continues, souvent les plus difficiles à repérer dans les bâtiments existants, peuvent ainsi être détectées rapidement.

L’impact devient encore plus significatif lorsque ces systèmes sont combinés à des technologies de coupure automatique. En cas d’anomalie, une valve intelligente peut interrompre l’alimentation en eau sans intervention manuelle. La durée d’une fuite passe alors de plusieurs heures, voire jours, à quelques minutes, ce qui limite considérablement les dommages et les perturbations associées. Dans plusieurs cas, les établissements ayant mis en place ces solutions ont constaté une réduction notable des coûts liés aux dégâts d’eau ainsi que des impacts opérationnels.

Réduire les risques opérationnels en milieu hospitalier

Dans un environnement de soins, où la continuité des services est directement liée aux résultats pour les patients, ce type d’approche peut faire une réelle différence. Au Centre universitaire de santé McGill, 60 des fuites recensées ont entraîné la fermeture temporaire de lits, tandis que 10 ont eu un impact significatif sur les opérations cliniques. Ces situations démontrent que les incidents liés à l’eau dépassent largement la simple question des dommages matériels et peuvent affecter directement la capacité d’un établissement à offrir des soins.

Ils soulignent également l’importance de maintenir des environnements sécuritaires. L’humidité excessive dans les hôpitaux ne représente pas seulement un risque structurel, mais peut aussi nuire à la qualité de l’air et favoriser la croissance microbienne. Des normes comme CSA Z317.13:22 mettent d’ailleurs l’accent sur le contrôle des conditions environnementales, notamment lors de travaux de construction, de rénovation ou d’entretien.

Répondre aux enjeux liés au vieillissement des infrastructures ne consiste pas uniquement à remplacer les bâtiments. Il s’agit aussi de renforcer la résilience de ceux qui sont toujours en service. Des investissements ciblés dans des solutions de surveillance et de prévention permettent de réduire les risques sans nécessiter de reconstruction majeure. Ils offrent une meilleure visibilité et permettent aux équipes d’intervenir plus rapidement et plus efficacement.

Alors que le Québec continue d’investir dans l’avenir de son système de santé, il devient essentiel de combiner la construction de nouveaux établissements avec des stratégies de prévention adaptées aux infrastructures existantes. En réalité, la question n’est plus de savoir si les dégâts d’eau peuvent être évités, mais à quel moment ils peuvent être détectés et à quelle vitesse il est possible d’intervenir.

Si votre établissement fait face à ces enjeux, notre équipe peut vous accompagner dans le développement d’un plan de gestion des risques liés à l’eau et de détection précoce adapté à votre réalité. Contactez-nous pour en discuter.


Sources

Équipements sur place après un dégât d’eau dans un hôpital au Québec

Prévenir les fuites et le gaspillage d’eau

Découvrez comment

Articles de blog connexes